[Critique] Imaginaerum : quand Nightwish se met au cinéma…

Tom, un compositeur âgé et sénile imagine un monde dans lequel il est toujours un jeune garçon. Alors qu’il est endormi, il voyage dans son passé où ses anciens rêves se mélangent au monde imaginaire fantastique et musical du jeune garçon. Gem, la fille du compositeur, tente de recréer les liens qui l’unissaient auparavant à son père en bonne santé, mais ses tentatives sont compromises par la santé déclinante de son père.

 

 

Imaginaerum by Nightwish, réalisé par Stobe Harju

C’est durant la préparation du dernier album de Nightwish, intitulé… Imaginaerum que Tuomas Holopainen, âme et leader de ce groupe de metal finlandais, annonce qu’il va concrétiser son rêve: un film basé sur la musique de son groupe.

L’intrigue de ce film fantastique musical tourne autour des tourments du compositeur Tom,  et de ses difficiles relations vis-à-vis de sa famille et des membres de son ancien groupe. Plongé dans le coma, il parcourt un univers onirique assez sombre, constitué notamment d’un parc d’attraction en ruine (référence au visuel de l’album) et il rencontre des personnages étranges. Le tout sur fond de musique de Nightwish. Pendant ce temps, Gem, la fille de Tom, ressasse les griefs qu’elle a envers lui, au gré de scènes et de dialogues qui tournent en rond.

L’histoire est en réalité banale : un père qui n’a jamais su parler à sa fille, une fille qui a toujours pensé qu’elle ne comptait pas aux yeux de son père, et la perspective de la mort pour les rapprocher. Imaginaerum souffre malheureusement d’un manque de contenu, qu’il dissimule derrière un récit bancal. La première partie est un récit déstructuré, qui mêle symboliquement différents niveaux de souvenirs, et se présente comme un puzzle qu’il nous faudra reconstituer. Après une quarantaine de minutes, Tom comprend la signification de ce qui lui arrive et se décide à affronter le mal qui le ronge…  L’accent est probablement trop mis sur le mystère, car  il ne se passe pas grand-chose, en fin de compte, et on s’ennuie un peu. Cette lenteur nous laisse le loisir d’admirer ce monde fantastique, et ses effets numériques qui témoignent d’un budget trop étriqué (3,7 millions d’euros) pour un film de cette ampleur.

Le cirque maléfique évoque la pochette de l'album Imaginaerum

Le cirque maléfique évoque la pochette de l’album Imaginaerum

La lenteur du récit doit beaucoup à sa nature musicale. Elle témoigne surtout du problème d’Imaginaerum, un film qui ne parvient pas à trouver un équilibre entre son intrigue et ses devoirs envers Nightwish. Forcément, il nous gratifie de quelques scènes entièrement dédiées à la gloire du groupe. Celui-ci est naturellement présent à l’écran pour interpréter certaines de ses chansons, comme la langoureuse Slow, Love, Slow ou la délirante Scaretale.  Les coups de cheveux longs et les riffs rageurs abondent alors pour notre grand plaisir. L’intérêt dramatique de ces séquences est inexistant, mais il s’agit bien entendu d’une belle vitrine pour le groupe.

Pour le reste, les chansons de l’album ont été découpées et placées de- ci de- là pour illustrer l’action. La logique de cet arrangement musical n’est pas toujours claire. Comme si Petri Alanko, qui a réarrangé l’album pour le film, avait absolument voulu caser des bouts de toutes les chansons, même quand l’action ne s’y prête guère.

Imaginaerum est un film-concept intéressant, mais qui peine à trouver un équilibre entre sa partie musicale et sa partie narrative. Résultat : un film hybride qui privilégie la forme au fond. Il ravira les fans de Nightwish, sans aucun doute, mais peut-il toucher un public plus vaste ? C’est moins sûr.

Imaginaerum (by Nightwish). 2012.  Réalisateur: Stobe Harju. Scénaristes: Stobe Harju, Mikko Rautalahti, Richard Jackson d’après une histoire de Tuomas Holopainen. Avec Marianne Farley, Quinn Lord, Francis-Xavier McCarthy, Joanna Noyes et les membres du groupe Nightwish. Musique : Petri Alanko, Nightwish. Durée : 1h25

Lire la critique sur cinemafantastique.net

Nicolas

Imaginaerum piano

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