[Critique] »La Vague montante »: retenir les leçons du passé

60 ans. C’est le temps qui s’est écoulé depuis la publication de La Vague montante, un récit réflexif sur notre course en avant technologique. Et pourtant, on jurerait que Marion Zimmer Bradley l’a écrit hier !

Plusieurs siècles après le naufrage d’un vaisseau spatial sur un astre baptisé Terre II, les descendants de ces pionniers parviennent enfin à rentrer sur notre planète bleue. Ils s’attendent être accueillis dans une société très avancée, ayant conquis l’univers grâce à son progrès scientifique. Pourtant, la civilisation qu’ils découvrent les étonne : ils pensaient bien être qualifiés de « barbares », mais pas dans le sens auquel ils font face…

Remarque : il est difficile de parler du livre sans en dévoiler le contenu. Je ne pense pas que ce soit vraiment gênant pour un texte comme celui-là, mais si vous préférez vous réserver pour la lecture, sautez à la conclusion !

« La Vague montante », de Marion Zimmer Bradley (1955)

La Vague montanteSous la forme d’une longue nouvelle, l’auteure, alors âgée d’une vingtaine d’années, défend une thèse, celle d’un monde qui aurait compris de ses erreurs, de son inutile course au progrès, fuite en avant qui sacrifiait le bien-être des individus au profit d’une conquête futile. Un monde revenu à un mode de vie plus posé, basé sur l’artisanat et sur l’autosuffisance de petites communautés. Un monde qui a renié la recherche scientifique aveugle, pour la mettre au service de l’Homme. C’est dans ce sens que Frobisher, l’un de ces « nouveaux » terriens, se permet de nous traiter de « barbares ». Au-delà des occupants du vaisseau, ce message a traversé les décennies et semble tout aussi fort aujourd’hui. L’anticipation de La Vague montante parait surréaliste, tant elle est d’actualité.

La romancière défend ses idées à travers un affrontement entre Frobisher, et Brian, le pilote du vaisseau. Celui-ci se voit comme le garant de l’idéologie de ses ancêtres. C’est lui qui a le plus de mal à trouver un sens à cette vie sur Terre. Sur le plan du contenu, la réflexion est donc intéressante, voire passionnante. Néanmoins, le récit lui-même se limite justement à la « guéguerre » entre ces deux personnages. Le contexte est présenté de manière concise et efficace. Par contre, on a du mal à croire aux réactions de l’équipage qui, en-dehors de Brian, adhère trop rapidement à la vision du vénérable villageois, sans montrer la moindre curiosité, la moindre envie de vérifier ses affirmations ou d’aller explorer les alentours. On sent bien que Marion Zimmer Bradley est plus attachée à son discours, quand bien même le texte, au style simple, reste très agréable à lire.

Tandis que la course au progrès s’accélère chaque jour, le message de La Vague montante résonne comme une prédiction. Même si presque toute la narration est écrasée par le discours de l’auteure, et même si l’histoire est simpliste à certains égards, cette œuvre, brève mais intense, vaut le détour.

La Vague montante (The Climbing Wave). Auteur: Marion Zimmer Bradley. Année: 1955.

Monsieur Scientas’Hic

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