[Documentaire] « The Go-Go Boys: The Inside Story of Cannon Films »

Les noms Menahem Golan et Yoram Globus n’évoquent peut-être rien pour vous. Mais si je vous dis qu’ils ont lancé dans le bain (de sang) Jean-Claude Van Damme et porté Chuck Norris vers le succès? Qu’ils ont produit les Delta Force, Bloodsport, American Ninja, Cobra et compagnie?  Ah ah! N’essayez pas de cacher cette larme nostalgique, je vous ai vus! Véritable hit machine, leur société Cannon Films a enfanté nombre d’action movies aux côtés desquels la génération 70-80 a grandi!

« The Go-Go Boys: The Inside Story of Cannon Films », réalisé par Hilla Medalia (2014)

Menahem Golan et Yoram Globus

Menahem Golan et Yoram Globus

C’est donc le parcours de deux papes du Nanar qu’Hilla Medalia a retracé dans son documentaire, de leurs premiers essais en Israël à leurs dernières productions en… Israël. Entre-temps, il y a eu l’ascension à Hollywood, la gloire et puis la chute. Plus qu’un historique sur la Cannon, The Go-Go Boys décrit la vie de businessmen du 7e Art, qui ont vécu le rêve américain. Arrivé à Los Angeles avec “500$ en poche”, les deux cousins finissent à la tête d’une mini- Major, propriétaire de nombreuses salles de cinéma dans le monde. En l’espace de 15 ans, leur production effrénée a inondé le marché de centaines de métrages. Leur modèle économique privilégiait 30 films à 1 millions $ plutôt qu’un seul à 30 millions $.

Medalia a le mérite de transmettre une réalité plus complexe qu’il n’y parait de prime abord. Certes, on parle essentiellement de nanars (hauts de gamme). Certes, Golan et Globus se sont trompés par moments, mais ils ont aussi su deviner les attentes d’un certain public, demandeur d’arts martiaux par exemple. Plus tard, ils ont également cherché à changer leur image, en collaborant (sans grand succès) avec des auteurs comme Cassavetes ou Godard.

Le documentaire s’appuie évidemment sur les interventions des producteurs mais aussi de membres de cette drôle de famille, comme Jon Voigt, Michael Dudikoff (le protagoniste de American Ninja) ou JCVD, qui fait une courte (mais remarquable) apparition. Dommage cependant que l’on ne recueille pas les commentaires des plus grands noms, comme Chuck Norris et Stallone. Il serait intéressant de savoir pourquoi ils n’ont pas été contactés et/ ou pourquoi ils ont refusé. Sur la forme, on reste dans le classique, mais l’ensemble est très dynamique. Avec le catalogue de la Cannon, Medalia ne manque jamais d’extraits amusants et de scènes emblématiques pour épater la galerie.

« Delta Force »: Chuck Norris dans toute sa finesse, épaulé par Lee Marvin (pour son dernier film)

Ceci dit, The Go-Go Boys ne se livre pas à l’analyse de ces films. La réalisatrice dresse plutôt le portrait de deux hommes tellement complémentaires que leur famille respective disait d’eux qu’ils étaient mariés. Mais, en même temps, deux fortes têtes, qui finissent par s’éloigner, quand les échecs se multiplient. Qu’on soit d’accord ou pas avec leur philosophie, on se rend compte qu’ils sont avant tout des passionnés. Leur excès de confiance, leur ambition démesurée, la spéculation invraisemblable dans laquelle ils se sont embarqués, leur refus de reconnaitre certaines erreurs (surtout pour Golan), leur capacité à rebondir: tous ces éléments finissent par les rendre touchants. La tendresse qu’éprouve la réalisatrice pour ses compatriotes est perceptible.

En prenant quelques renseignements extérieurs, on se rend compte que cette affection est peut-être intéressée d’ailleurs… Trois mois après la première à Cannes en 2014, un autre documentaire, Electric Boogaloo: The Wild, Untold Story of Cannon Films était diffusé à son tour. Une coïncidence? Pas du tout! En apprenant la mise en chantier de ce dernier, les deux cousins ont commandé The Go-Go Boys pour raconter leur propre version de leur destin hollywoodien! En bons filous, ils sont même parvenus à griller la politesse à leur “concurrent”! Dès lors, on ne s’étonnera pas du ton résolument positif du film et de sa très (trop) grande bienveillance.

The Go-Go BoysAu premier coup d’oeil, The Go-Go Boys s’adresse plutôt à un certain type de cinéphiles. Pourtant, il peut s’apprécier de plusieurs façons : il incarne notamment le rêve américain et conte la formidable épopée de deux hommes partis de rien. Une histoire d’ambition, de mégalomanie, qui débauche sur une chute et un nouveau rebond. La vie de Golan et Globus est tellement riche qu’elle s’apparente parfois à un scénario de fiction! Enfin, la meilleure manière de profiter du documentaire est peut-être d’enchainer avec l’un des invraisemblables bijoux de la Cannon !

The Go-Go Boys: The Inside Story of Cannon Films. 2014. Réalisateur: Hilla Medalia. Scénariste: Hilla Medalia et Daniel Sivan. Avec: Menahem Golan, Yoram Globus, Sylvester Stallone, Jon Voigt, Charles Bronson, Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme, Michael Dudikoff, Billy Drago, Andrey Konchalovsky, Franco Zeffirelli. Musique: Jonathan Bar-Giora. Genre: Documentaire. Pays d’origine: Israël. Durée: 1h26.

Lire la critique sur CinemaFantastique.net

Monsieur Scientas’Hic

« Bloodsport » (aussi connu sous le titre « Tous les coups sont permis »), le 1er rôle de JCVD!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s