[Critique] « A la poursuite de demain »: Ode à l’optimisme

Le carton de la saga Pirates des Caraïbes, inspirée d’une attraction de Disneyland, avait de quoi susciter la convoitise de la marque aux grandes oreilles. Après plusieurs projets, dont certains ont abouti sans briller (tel Le Manoir hanté et les 999 fantômes), elle a jeté son dévolu sur « Tomorrowland », une section dédiée à la science-(fiction), commune aux parcs Disney dans le monde (et renommée « Discoveryland » à Paris), qui contient notamment le Nautilus de 20 000 lieues sous les mers ou encore le Space Moutain. Brad Bird, épaulé par le scénariste- producteur Damon Lindeloff (Lost, Prometheus, Star Trek Into Darkness) s’est également appuyé sur le projet de ville futuriste et expérimentale que Walt Disney rêvait de bâtir.

« A la poursuite de demain », réalisé par Brad Bird (2015)

A la poursuite de demain met en scène Casey Newton, une ado rebelle et intelligente, fille d’un ingénieur de la NASA sur le point de perdre son job, après le démantèlement d’une rampe de lancement pour fusées au Cap Canaveral. Refusant d’accepter ce destin pour son père, elle sabote les grues de démolition la nuit ! L’abnégation dont elle fait preuve a attiré l’attention d’Athéna, une jeune fille mystérieuse, qui voit en Casey la sauveuse de « Tomorrowland », une ville cachée, bâtie par les plus grands inventeurs comme modèle pour l’humanité. Mais pour retourner dans la cité, il faut d’abord convaincre Frank Walker, génie aujourd’hui désillusionné, de les y emmener…

Casey a un aperçu de Tomorrowland en touchant un pins

Casey a un aperçu de Tomorrowland en touchant un pins

Très tôt, le sujet du film apparaît clairement: l’espoir et le refus d’abandonner. Lancé comme cela, il peut sembler bateau et déjà vu dans (presque) tous les blockbusters. Pourtant, À la recherche de demain l’énonce de manière juste et soulève, par moments, des réflexions intéressantes. La confrontation entre la vision défaitiste de Frank et l’optimisme de Casey fait réfléchir. Il faut souligner la belle prestation de Brittany Robertson, qui donne envie de croire en son personnage. Au cours de la projection, on se rend compte que ça fait un bien fou de voir une histoire résolument positive, à une époque marquée par le pessimisme. C’est d’ailleurs dans la dernière partie de l’aventure, au moment où le propos de l’œuvre se confronte à la réalité, qu’il perd tout son charme et tombe dans un scénario classique de fin du monde, malgré un amusant discours autocritique du vilain (incarné par Dr House… euh… Hugh Laurie).

Ce dernier acte apparaît au bout d’un chemin tortueux. Le scénario, bancal, est en déséquilibre permanent. La caractérisation de Casey est par exemple sous-exploitée : son inventivité et son intelligence ne lui servent jamais, notamment dans le final, bâclé. L’un des moteurs du récit est le mystère qui entoure la ville et le rôle que doit jouer la jeune fille. Au moment où elle apprend enfin pourquoi elle a été choisie et ce qu’elle doit faire, il est difficile de retenir un « tout ça pour ça ? » Globalement, les séquences dans la ville cachée sont expédiées sans combler les attentes qu’elles avaient générées. Quand on joue la carte du mystère, il faut pouvoir assurer derrière, ce qui n’est pas le cas ici. A la poursuite de demain contient nombre de problèmes similaires. La séquence d’ouverture, dans laquelle Frank s’adresse au public, est par exemple dénuée d’intérêt. De manière générale, les circonstances entourant le renvoi du personnage incarné par George Clooney restent floues. Dès lors, le film donne l’impression de ne jamais déployer pleinement son potentiel… à moins qu’il ne le réserve pour une suite éventuelle ?

Tomorrowland, une ville futuriste, imaginée par les plus grands inventeurs!

Tomorrowland, une ville futuriste, imaginée par les plus grands inventeurs!

Côté positif, on peut citer les traits d’humour qui font régulièrement mouche, et des scènes d’action bien menées, rythmée par une musique entêtante. Brad Bird (Le Géant de fer, Les Indestructibles) signe une mise en scène très propre et propose une vision de la ville du futur proche d’un parc d’attractions. Par certains aspects, le résultat ressemble d’ailleurs à une pub pour Disney, avec ses nombreuses références à la firme. Mais est-ce si étonnant, quand on connait son point de départ ?

A la poursuite de demain est une oeuvre difficile à cerner. Elle semble entourée d’un flou (artistique) permanent, alternant des moments d’émerveillement et des scènes plutôt banales, un peu mollassonne. Par son propos et, curieusement, par sa structure boiteuse, cette étrange aventure se détache des autres films à gros budget, sans pour autant marquer les esprits.

A la poursuite de demain (Tomorrowland). 2015. Réalisateur : Brad Bird. Scénaristes: Brad Bird, Damon Lindelof, Jeff Jenson. Avec : Brittany Robertson, George Clooney, Raffey Cassidy, Hugh Laurie. Musique: Michael Giacchino. Genre: Aventure, Science-fiction Pays d’origine : USA. Durée : 2h10.

 Monsieur Scientas’Hic

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3 réflexions sur “[Critique] « A la poursuite de demain »: Ode à l’optimisme

    • Il est assez déroutant, mais il change des blockbusters classiques, donc je ne regrette pas ma place de ciné. Mais je suis assez étonné du peu de publicité qu’il y a eu autour du film, ce n’est qu’en lisant un magazine spécialisé en mai que j’en ai entendu parler o_O. Bizarre pour une production Disney de cette ampleur.

  1. Pingback: 2015: le bilan cinéma! | Scientas'Hic

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