« Dune », la folle histoire de l’espace [partie 2] : Le « succès » de David Lynch

En 1978, alors que Jodorowsky panse ses plaies, un certain Dino de Laurentiis récupère les droits du roman. Peu après, il s’adjoint les services du jeune David Lynch. Leur aventure sera semée d’embûches, mais, après 6 ans de galère, ils offriront à Dune sa seule adaptation cinématographique. Pour le meilleur et pour le pire.

Lire la première partie de notre cycle Dune, « L’échec d’Alejandro Jodorowsky »

A la recherche de l’élu

Bien que la production du film Dune soit attribuée à Dino de Laurentiis, il est plus exact de rendre hommage à sa fille, Raffaella. C’est elle qui lit le livre, et qui sera attachée au projet. Elle, qui proposera également le réalisateur final. Mais avant d’en arriver là, il faut un nouveau script. Et pour l’écrire, qui de mieux que l’auteur du roman lui-même ? Dès 1978, Frank Herbert achève un scénario de 175 pages… Trop littérale, cette adaptation ne peut être produite. Caramba, encore raté.

David Lynch et Raffaella De Laurentiis

David Lynch et Raffaella De Laurentiis

Changeant d’approche, l’ambitieux Dino décide d’engager d’abord un réalisateur. Fin 1979, il se tourne vers Ridley Scott, tout juste auréolé du succès… d’Alien, le huitième passager ! Ce dernier choisit de collaborer avec le scénariste Rudolph Wurlitzer (Little Buddha). Outre quelques modifications mineures, comme des personnages adoucis (les Fremen ou le Baron Harkonnen), ce premier brouillon instaure quelques changements radicaux. Par exemple, une relation incestueuse entre Paul et sa mère, Lady Jessica ! Alia aurait été à la fois la sœur et la fille de Paul. Mais cette idée se heurte au refus catégorique de Frank Herbert. De plus, le budget est estimé à 50 millions $, trop aux yeux des De Laurentiis. Le réalisateur anglais pensait à H. R. Giger (le concepteur de… l’Alien adulte) comme production designer. Mais il n’ira pas plus loin : en septembre 1980, il se lance dans l’aventure Blade Runner.

Presque tout est à refaire, une nouvelle fois. Néanmoins, cette dernière tentative sera la bonne, sous l’impulsion de Raffaella De Laurentiis. Après s’être fait la main sur les productions de son père, elle a notamment géré Beyond the Reef et Conan le Barbare. C’est elle qui propose David Lynch, séduite par le traitement de ses personnages dans Elephant Man. Le jeune réalisateur est justement libre, après que son projet Ronnie Rocket, produit par « Zoetrope », le studio de Francis Coppola, ait été mis en suspens, suite à des problèmes financiers. C’est ainsi qu’il se rend dans les bureaux de Dino de Laurentiis, par « curiosité », comme il l’expliquera par la suite (la réputation du sulfureux producteur n’est plus à faire).

Lynch est attiré par le chef-d’œuvre d’Herbert, d’abord parce qu’il trouve son univers un peu étrange, et très profond: « Par beaucoup d’aspects, ce roman est l’antithèse de la science-fiction habituelle « raygun et vaisseau spatial », que j’ai l’habitude de voir. Dune a des personnages crédibles et beaucoup de profondeur, beaucoup de résonance. À bien des égards, Herbert a créé une aventure intérieure, avec beaucoup de textures émotionnelles et physiques. Et j’aime les textures.[1] »

Pour l’anecdote, Lynch s’est vu proposer, parallèlement, la réalisation du Retour du Jedi, qu’il refuse, au motif qu’il s’y sentait coincé dans le rêve de George Lucas, là où les sables d’Arrakis lui offraient une grande liberté visuelle… à priori. Il juge également que l’univers de Luke Skywalker est moins réaliste.

texte-2-affiche-dune-david-lynchDès le départ, il estime que même s’il essaie d’être le plus fidèle possible au roman, son interprétation déplaira toujours à une partie des fans. Il s’attache donc plus particulièrement à faire ressortir les personnages et les séquences qui incarnent l’esprit de Dune à ses yeux. Avec ses co-scénaristes d’Elephant Man, Eric Bergren et Christopher de Vore, il s’attèle à la rédaction d’un nouveau scénario. Il passe, en mai 1981, une semaine chez Herbert, pour discuter de son monde. L’auteur se contente de suggestions, sans participer à l’écriture. Et rebelote : le trio accouche d’un scénario de 200 pages, apparemment fidèle, mais beaucoup trop long pour le cinéma, avec sa durée estimée à 4h. Il faut donc couper, condenser, transformer. Ce travail prendra encore un an, jusqu’à la 6e version, définitive, le 9 décembre 1982. Entre temps, Eric Bergren et Christopher de Vore ont déserté le projet.

Lynch se focalise sur Paul, sur son ascension en tant que prophète. Il délaisse volontairement l’aspect politique du roman, qui ne l’intéresse pas. Il introduit également une arme permettant de transformer la voix en ondes d’énergie, ce qui permet de raccourcir l’entrainement des Fremen. Mais rien n’y fait, le récit est trop long. Alors il faut dégraisser, encore et encore, et ne garder que les évènements essentiels. Toutes ces petites scènes, nécessaires pour comprendre le cheminement intérieur de Paul, sont supprimées. Par exemple, son nom Fremen, Muad’Dib, signifie « souris du désert ». Cet animal, qu’il a aperçu peu avant de rencontrer les autochtones, est capable de s’adapter et de vivre dans ce milieu inhospitalier. Lorsque Paul veut en prendre le nom, son choix impressionne les Fremen, car il apparait comme empli de sagesse. Anodin, vous pensez ? Dans le film, aucune mention n’y est faite. Paul balance une question venue d’une autre dimension : « – Comment appelez-vous l’ombre de la souris dans la seconde lune ? – Muad’Dib ». Euh… mais encore ? Quand vous n’avez pas lu le bouquin, et qu’on vous balance une réplique pareille sans contexte ni explication, ça fait bizarre. Quand ce cas se répète tout au long du récit, vous décrochez complètement…

Sous la chaleur du Mexique

Tout aussi compliqué que l’écriture du scénario, le tournage sera une épreuve physique et morale pour l’équipe. Après une longue réflexion, les producteurs optent pour les Churubusco Studios, un peu au sud de Mexico. Ceux-ci sont choisis avant tout parce qu’ils possèdent 8 énormes plateaux, nécessaires à la création des 4 planètes de l’histoire. Il faut bien cet espace pour accueillir les 75 décors. La quantité de travail est astronomique : dès septembre 82, avant que le script ne soit achevé, une partie de l’équipe est déjà sur place. Sans conteste l’une des superproductions des années 80, Dune mobilise 700 personnes. Le chef décorateur, Tony Masters (directeur artistique et production designer sur 2001, l’Odyssée de l’Espace), se base sur les propositions et dessins de David Lynch, auxquels il ajoute ses propres idées. Il dote Caladan (la planète des Atréides) d’un mélange de style baroque et de modernité. Pour Giedi Prime (bastion des Harkonnen), l’idée est celle d’une planète corrompue, sur laquelle tout est crasseux comme de l’huile et embrumé par de la fumée. De là provient le ce design d’acier et de métal noir, illuminé par un vert brillant. Pour la salle du trône (siège de l’empereur), plus grand décor intérieur de la production, l’or et l’émeraude sont privilégiés, en signe d’opulence. Afin de dépeindre Arrakis, Tony Master s’inspire des pyramides, notamment pour la texture des murs. La confection de ces lieux est éprouvante : les artisans mexicains, peu habitués à une production d’une telle ampleur, travaillent trop lentement au goût de la production. Des renforts espagnols, italiens et américains sont amenés pour les aider.

Aussi agréable que le Mexique paraisse à priori, le pays s’avère être assez inhospitalier envers le tournage. En effet, les Churubusco Studios possèdent un inconvénient majeur : tout l’équipement technique est obsolète. Au début, le téléphone ne fonctionne même pas sur les plateaux ! Les problèmes d’électricité sont courants et les groupes électrogènes, installés en renfort, tomberont parfois en panne ! Plusieurs incidents marqueront le tournage (explosion d’une lampe entrainant une pluie de verre, l’acteur Jürgen Prochnow (Duc Leto) brûlé par des effets spéciaux, l’équipe intoxiquée par de la fumée,…). L’insécurité est telle que Paul L. Smith, l’interprète de Rabban Harkonnen a peur de finir à la Claude François style, lors d’une scène du bain ! Potentiellement plus grave, l’explosion d’un bâtiment (attribué à un sabotage) ne fait heureusement pas de victimes. Enfin, les conditions climatiques sont telles que 15% de l’équipe tombera malade.

Les vers de sable, mis au point par Carlo Rambaldi, co- oscarisé avec H. R. Giger pour la création de l'Alien!

Les vers de sable, mis au point par Carlo Rambaldi, co- oscarisé avec H. R. Giger pour la création de l’Alien!

Entre sa première visite et son retour, la production découvre également que l’un de sites de tournage, situé dans la banlieue pauvre de Mexico, près des volcans Popcateptl et Ixtazihuatl, est désormais utilisé comme une décharge publique. Les nombreuses carcasses d’animaux lui vaudront le surnom de « Dead Dog Dump ». De son côté, Kit West, chargé des effets spéciaux (oscarisé pour Les Aventuriers de l’Arche perdue), doit importer beaucoup de matériaux et doit faire venir tout son atelier d’Angleterre, faute d’équipement nécessaire sur place. La création des monstrueux vers de sable est confiée au légendaire Carlo Rambaldi, qui a notamment partagé l’oscar des meilleurs effets visuels sur… Alien (décidemment !), pour avoir animé la tête du xénomorphe adulte. La bande son sera quant à elle confiée au groupe Toto.

Pendant que l’équipe déco galère, Lynch déniche ses acteurs. Le plus important est évidemment celui qui interprètera le protagoniste, Paul. Le choix se porte sur Kyle Mac Lachlan, un comédien de théâtre, novice au cinéma. Fan du roman, le jeune homme essaie de peser un peu sur son personnage, mais sans grand succès : « La première fois que j’ai lu le scénario, je n’ai pas été à proprement parler déçu, mais j’en attendais davantage. Je me suis vite rendu compte que c’était impossible compte tenu de la nature même du cinéma et j’ai même commencé à me dire que David en avait tiré le maximum[2]. » Le reste du casting se constitue sans encombre, avec quelques grands noms comme Brad Dourif, Max von Sydow et Patrick Stewart. D’abord hésitant au sujet du chanteur Sting (Feyd-Rauthan, neveu du Baron Harkonnen), le réalisateur d’Eraserhead finit par se laisser convaincre après avoir vu sa prestation dans Brimstone and Treacle.

En termes de planning, Lynch divise son tournage en 3 parties successives : l’installation sur Arrakis, l’épopée dans le désert, et le changement mystique à la fin. Cette subdivision facilite le travail des acteurs. Ceux-ci devront pourtant affronter d’autres difficultés, comme la chaleur dans le désert. Vêtus d’une combinaison noire moulante, plusieurs acteurs sont en effets victimes d’insolation, à mettre au crédit de Lynch. Celui-ci privilégie la beauté des costumes à leur flexibilité et leur confort. Tout comme les décors, les costumes reflètent le style des différents belligérants. Par exemple, les vêtements de l’empereur sont un mélange entre le 17e et le 19e siècle. Pour les combinaisons Fremen, le chef costumier, Bob Ringwood, s’inspire d’une sculpteuse allemande, qui avait composé des œuvres basées sur le livre médical Gray’s anatomy.

Un tournage d’une telle ampleur est une nouveauté pour David Lynch. Techniquement, c’est aussi la première fois qu’il opère en couleur. Après avoir envisagé le noir et blanc pour Dune, il y renonce. Mais il n’aura de cesse, tout au long du tournage, de demander une image plus sombre et désaturée, tandis que De Laurentiis souhaite un rendu plus clair.

Le baron Harkonnen

Le baron Harkonnen

Et justement, comment se passent les relations avec le patron ?: « Disons que j’écrive ou tourne quelque chose qui ne plaise pas à Dino ; il y a deux solutions : soit je me dis « Dino est stupide, il n’y connait rien, et je ne vais pas l’écouter », ce qui ne peut pas manquer d’amener de gros problèmes, ou bien je me demande : « pourquoi cela ne plait-il pas à Dino ? Est-ce que j’y tiens vraiment, et est-ce que cela vaut la peine que je me batte ? » Si cela en vaut la peine, et si j’arrive à l’en convaincre, on le gardera. Mais si ça n’en vaut pas la peine et si c’est discutable, alors c’est peut-être lui qui a raison. Il arrive aussi que Dino annonce qu’il y a un problème quelque part. Eh bien, la plupart du temps, c’est qu’il y a bien un problème quelque part. Dino a un sixième sens, pour ça. Il est comme Mack Sennett, il est toujours là. Si c’est ennuyeux, il ne peut pas le supporter. Il n’a pas toujours la solution, mais il sait toujours quand il y a un problème. Et c’est au réalisateur de le résoudre. Et si le réalisateur ne le résout pas, c’est lui qui le fera[3]. » Si vous lisez entre les lignes de cette interview (datée de 1985, en plein tournée promotionnelle), vous comprenez que le réalisateur a dû faire des compromis. En réalité, il finit par se sentir coincé entre les desiderata de la production et le roman. Sans doute a-t-il déjà compris que le film, bancal dans sa construction, n’est pas à la hauteur de l’attente des fans.

La fin d’un mirage

Pourtant, lui et la famille De Laurentiis croient au succès de leur poulain. Mais la performance mitigée du long métrage au box-office (30 millions de $ aux USA) change la donne. Quelques années plus tard, l’exploitation télévisuelle de l’œuvre mènera à un rejet définitif de Lynch. Cette version est diffusée sous la forme de deux épisodes de deux heures, avec un nouveau montage et quelques scènes supplémentaires. Cependant, cette durée étendue comprend 30 minutes de pub par film, et de nombreuses astuces, comma l’utilisation d’un même plan à 2 ou 3 reprises. Le prologue est en outre entièrement réécrit. Ne cherchez pas David Lynch au générique, son nom a été remplacé par les pseudonymes Alan Smithee (réalisateur) et Judas Booth (scénariste). Par la suite, et malgré les propositions qui lui ont été faites, il a toujours refusé un autre montage, arguant que rien d’autre n’était possible avec le matériel tourné. L’expérience est amère, mais instructive : désormais il exigera le final cut de ses projets.

Bien que David Lynch ait plus ou moins renié ce travail, il semble que son avis n’ait pas été si négatif à l’époque (il est avéré qu’un travail sur des suites avait débuté avant la sortie en salles!), et les griefs qu’il a envers De Laurentiis ne l’ont pas empêché de collaborer avec lui pour Blue Velvet, son film suivant !

« Reverrons-nous prochainement une adaptation de Dune ? » C’est par cette question que je débutais la conclusion de cet article, il y a plusieurs mois (oui oui, il est resté longtemps au frigo, ce texte). J’écrivais ensuite : « il en était encore question il y a peu à la Paramount.  La major avait confié le projet à Peter Berg (Hancock) en 2009, mais celui-ci s’était désisté peu après au profit de Pierre Morel (Banlieue 13, Taken). Le protégé de Luc Besson est passé à côté du reboot de La Planète des Singe pour s’y consacrer, avant d’abandonner à son tour. Une fois de plus, le désert d’Arrakis a retrouvé un calme de surface. Que l’on apprécie ou pas le résultat, l’essai manqué de Lynch/ De Laurentiis reste donc, à ce jour, la seule adaptation de Dune… au cinéma, du moins. En effet, le producteur Richard P. Rubinstein est parvenu à financer une série télé en 2000! »

Oui, mais depuis, une annonce presque inespérée ( ?) est tombée : le très bien coté Denis Villeneuve (Prisoners, Sicario, et le récent Premier Contact) s’est vu confier par le studio Legendary les rênes d’une adaptation prévue pour 2019 ! Et c’est Brian Herbert, fils de l’auteur, qui l’a lui-même confimé. Nouveau porte-drapeau de la SF, Villeneuve réalisera avant cela la suite d’une autre œuvre mythique, Blade Runner. Difficile à l’heure actuelle d’en dire plus, si ce n’est qu’il s’agirait apparemment d’une série de films au cinéma et à la télévision. Que couvriront ces projets ? Le roman Dune et ses suites ? Un contenu actulisé, de nouveaux personnages ?

Un nouveau prophète pour Dune?

Un nouveau prophète pour Dune?

Lire la dernière partie de notre cycle: Une série pour les gouverner tous?

Lire notre critique de Dune

Monsieur Scientas’Hic

Sources

  • Jodorowsky’s Dune, documentaire de Frank Pavich, 2013.
  • Bonus de Dune (Edition Spéciale 30ème Anniversaire 2DVD + 1 Blu-ray), de David Lynch, 1985.
  • Todd (Anthony), Authorship and the Films of David Lynch, Ed. I.B. Tauris, 2012, p. 38-63
  • Devlin (William J.), Philosophy of David Lynch, The University Press of Kentucky, 2011, p. 225-36.
  • Olson (Greg), David Lynch, The Scarecrow Press, 2008, p. 143-207
  • Rodley (Chris), Lynch on Lynch, Ed. Faber and Faber, 1997, p. 115-20
  • Goldberg (Lee), Science Fiction Filmaking in the 1980s, McFarland & Co Inc, 1995, p. 79-110
  • Naha (Ed), The Making of Dune, Berkley Pub Group, 1984
  • Sight & Sound, The International Film Magazine, 2001 n°9, 2011, p. 20-22
  • Les Cahiers du Cinéma, n°368, 1985, p.50-58
  • L’Ecran Fantastique, n°53, 1985, p. 23-4, 40-60, 63-9
  • American Cinematographer, n°11, 1984, p. 50-72
  • Cinefantastique, n°4-5, 1984, p. 28-40, 73-91

[1] Cinefantastique, n°4-5, 1984, p. 28-40, 73-91

[2] L’Ecran Fantastique, n°53, 1985, p. 23-4, 40-60, 63-9

[3] L’Ecran Fantastique, n°53, 1985, p. 23-4, 40-60, 63-9

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