[Les Chroniques de Peck] De la bibliothèque locale à l’Inde

Holi, la fête des couleurs. Source: http://www.ramnathphoto.com

Parfois, il arrive qu’on se retrouve à lire des romans auxquels on n’aurait pas prêté attention si le hasard ne s’en était mêlé. Et le hasard, parfois, peut être provoqué par certaines initiatives, comme celle de la (enfin, de l’une des) bibliothèque(s) de ma ville : à l’occasion de la « Holi », la fête des couleurs en Inde, qui marque le retour du printemps et qui est également une consécration de la fertilité, un livre d’auteur indien était prêté gratuitement pour tout emprunt durant le mois de mars. Et pour épicer la chose (normal, pour un pays comme l’Inde !), le livre « offert » était emballé. Impossible de savoir ce qui vous attendait !

Avant de présenter le livre lui-même, j’avais envie d’attirer l’attention sur cette démarche, commune sans doute à plusieurs autres bibliothèques. Celle-ci contribue à « ouvrir les horizons », au moins littéraires. Elle permet de faire entrer l’inconnu chez soi, celui qu’on laisse à la porte par manque d’envie, ou parfois simplement par manque de temps. « Un jour, je lirai un truc différent, un jour, quand j’aurai le temps. » Combien de fois je ne me suis pas répété cette phrase, en regardant ma pile de livres à lire, presque exclusivement constituée de SFFF ! Il y a toujours d’autres choses à lire, d’autres choses à faire. Cette situation aurait sans doute encore perduré, si cette affiche dans la bibliothèque ne m’avait pas invité à sortir de ma routine.

En fin de compte, qu’est-ce que je risquais ? Ca ne coûtait rien, et si ça ne me plaisait pas, j’arrêterais de le lire. Voilà, comment le temps d’une lecture au moins, j’ai été tiré de ma confortable habitude, et c’est une très bonne chose.

Forcément, cette initiative cible plutôt des « lecteurs actifs » qui font déjà la démarche de se rendre en bibliothèque, mais elle peut tout de même agir comme un stimulant pour ceux qui n’y mettent jamais les pieds, via cette chronique par exemple !

Bref, avec tout ça, je n’ai même pas encore cité le titre du roman en question ! Il s’agit de Compartiment pour dames, d’Anita Air.

A 45 ans, Akhila est toujours célibataire. Elle ne s’est pas mariée, en partie parce qu’elle a dû s’occuper de sa famille. Au moment où débute le récit, elle décide de faire un point sur sa vie et prend un train vers l’inconnu. Elle voyage dans un « compartiment pour dames », où elle fait la connaissance de plusieurs autres femmes, ayant chacun leur histoire et leur vision de la femme dans la société indienne. Akhila trouvera-t-elle des réponses à ses questions à travers leurs témoignages ?

Le résumé est on ne peut plus clair quant au sujet du livre : l’auteure s’interroge sur le sens de la vie, et plus particulièrement de celle d’une femme, dans une société où le poids de la norme sociale est écrasant. La liberté de mariage, l’avortement, la violence faites ou femmes, l’inégalité de pouvoir et de droits entre les sexes sont autant de sujets illustrés par les différents témoignages. Ceux-ci font d’ailleurs presque passer la fiction pour un documentaire.

A ce sujet, et c’est peut-être le point noir du roman, sa construction narrative est assez linéaire et répétitive. Les chapitres alternent, tour à tour, un témoignage (présenté d’une traite et ininterrompu, sous forme d’histoire indépendante) et la réaction d’Akhila dans le wagon. On comprend aisément que ce qu’elle a entendu est mis en perspective, notamment avec sa vie dont on découvre peu à peu le déroulement, et c’est en soi très intéressant. Mais le procédé est un peu « brut » et trop systématique. Il ne laisse que peu de place à l’évolution de la protagoniste, brossée très rapidement.

Toutefois, l’intérêt de Compartiment pour dames réside bien évidemment dans son propos et l’invitation de l’auteur à la réflexion s’accepte facilement. Au-delà des particularités locales, le récit pose des questions qui ont encore de nos jours un sens universel.

Peck 

Publicités

2 réflexions sur “[Les Chroniques de Peck] De la bibliothèque locale à l’Inde

    • En résumé, j’ai trouvé que le livre était plus intéressant du point de vue documentaire, que du point de vue narratif, mais ici, pour moi le plus important c’est d’aller lire d’autres genres de littérature et des auteurs étrangers, et pour cette expérience je ne regrette pas ma lecture.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s